[expo] Chefs-d’œuvre de la collection Torlonia au Louvre : Au cœur du marbre
Le Musée du Louvre accueille un sublime ensemble de sculptures antiques qui se dévoile au sein des appartements fraîchement restaurés d’Anne d’Autriche.
Un an après avoir accueilli les œuvres du musée napolitain Capodimonte, une autre illustre collection italienne, cette fois privée et dédiée à la sculpture antique, s’invite au Musée du Louvre. Un formidable ensemble qui fut réuni à la fin du XIXe siècle à Rome au sein du Museo Torlonia, dont la fermeture au milieu du XXe siècle le rendit quasi invisible. L’exposition au Louvre de ces sculptures à la finesse d’exécution exemplaire est donc un véritable événement, qui ne laissera personne de marbre.
Portrait impérial
Celle-ci s’ouvre avec l’un des joyaux de la collection italienne, Il Caprone, soit un bouc en marbre aux détails saisissants du IIe siècle, restauré au XVIIe siècle par Le Bernin qui voulait ainsi se mesurer à l’antique. On plonge ensuite dans les grandes figures de la sculpture de l’époque de l’Empire romain, à commencer par l’importance du portrait. Alors qu’apparaît le prince Germanicus, seule statue en bronze qui tranche avec la pureté des marbres. Sa pose vigoureuse fait écho aux diverses représentations d’un grand réalisme, qui s’autorisent néanmoins l’idéalisation, comme c’est le cas avec un buste de l’empereur Auguste.
L’influence grecque
Une qualité esthétique qui doit beaucoup à l’héritage de la tradition grecque et se traduit par un art de la copie. Deux répliques d’un Satyre au repos permettent de comprendre cette tendance tout en offrant à les comparer façon sept différences. Reprenant de manière éclectique et foisonnante diverses références grecques, des techniques comme des imageries, telles que celle dionysiaque ou celle des héros mythologiques, la sculpture romaine s’adapte toutefois et innove. À l’instar de surprenantes œuvres en relief qui déploient de nouvelles symboliques, elle produit en fin de compte une expression tout à fait originale et singulière.
Dialogue entre deux collections
Sous les majestueux plafonds des appartements d’Anne d’Autriche tout juste restaurés, l’exposition de la collection Torlonia permet aussi de rapprocher celle-ci de la collection d’antiquités romaines du Louvre. Toutes deux réunies, elles racontent l’histoire d’un goût pour l’antique à travers les époques, mais aussi celle de la constitution d’une collection muséale dans un éblouissant dialogue qui clôt le parcours.
Exposition Chefs-d’œuvre de la collection Torlonia au Musée du Louvre, à découvrir jusqu'au 11 novembre 2024
Partager cet article sur :
Nos derniers articles
La Cinémathèque française consacre à Marilyn Monroe une grande exposition à l’occasion de son centenaire, retraçant un parcours tortueux au sein de l’industrie hollywoodienne d’où émerge toutefois une présence marquante.
Au Grand Palais, une exposition coproduite avec le Centre Pompidou revient sur la dernière période d’Henri Matisse, de 1941 jusqu’à sa mort en 1954, tandis qu’il se réinvente dans une explosion de couleurs, de formes et de techniques.
Trop souvent cantonné à ses forêts vierges fantasmées, l’œuvre d’Henri Rousseau se déploie au musée de l'Orangerie dans toute son ampleur et sa singularité, avec des toiles jamais montrées en France.
Le Musée de Montmartre consacre une belle rétrospective à Adya et Otto van Rees, duo d’artistes longtemps resté à la lisière des grands récits de la modernité. Une exposition sensible et documentée, qui éclaire autant une aventure esthétique qu’une histoire de vie.





