[expo] Bollywood Superstars : L’autre usine à rêves
Cet automne, le musée du quai Branly-Jacques Chirac propose, avec l’exposition Bollywood Superstars, un voyage passionnant à la découverte du cinéma indien.
Ses couleurs chatoyantes, ses grandes scènes musicales, son goût de la fresque, telles sont les images qui peuvent venir à l’esprit à propos de Bollywood. Productrice de plus de 2 000 films par an et existant depuis plus d’un siècle, l’industrie cinématographique indienne n’a rien à envier à ses consœurs occidentales. C’est pourquoi le musée du quai Branly fait la lumière sur celle-ci et retrace ses origines, ses évolutions, sa diversité – car chaque région a son propre cinéma, à l’image de Kollywood pour la région tamoule –, ou encore la manière dont elle a permis d’unifier ce pays multiple sous la colonisation britannique puis lors de la décolonisation.
Au commencement, les dieux
Héritiers de la tradition des conteurs, du théâtre et de ses danses, mais aussi de l’iconographie religieuse, le cinéma indien donne d’abord à voir les dieux hindous. Tandis qu’est repris le concept du darshan, évoquant le pouvoir protecteur de la vue d’une image divine, les prolifiques épopées fondatrices du Mahabharata et du Ramayana n’ont cessé de représenter de formidables réservoirs à histoires. À ses origines, le cinéma permet alors d’animer les images mythologiques de Ravi Varmâ qui ont connu un grand succès à la fin du XIXe siècle. Comme a ainsi pu le faire le père du cinéma indien, Dadasaheb Phalke, sur lequel l’exposition revient afin de montrer l’émergence de cet art à même de fédérer les peuples autour d’histoires communes.
Une fabrique à succès
Très vite, le cinéma devient populaire et connaît son âge d’or à partir des années 1940, avec des réalisateurs comme Raj Kapoor et Guru Dutt. C’est vers un autre âge d’or de l’histoire du sous-continent que le cinéma se tourne en reconstituant la splendeur des cours des Grands Moghols, du XVIe au XVIIIe siècles, ou celles des Rajputs. À travers plusieurs extraits de films, affiches ou costumes, l’exposition documente l’immense succès rencontré par ces fresques historiques, à l’instar de celui de Mughal-E-Azam (1960) resté longtemps inégalé. Une popularité du cinéma qui conduit à la création de « superstars » à qui le musée rend hommage. Avec ces acteurs, devenus des véritables dieux vivants, les cinémas indiens continuent d’incarner cette formidable fabrique à récits et à rêves, absolument divins !
Exposition Bollywood Superstars au Musée du Quai Branly - Jacques Chirac : à découvrir jusqu'au 14 janvier 2024
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